Lawrence Alma-Tadema, 1885. Une lecture d’Homère. Domaine public.

Helenius Lab

Comment mettre un argument à l’épreuve avant de le défendre.

Un argument n’est pas mis à l’épreuve quand vous l’écrivez, mais quand quelqu’un le conteste. Anticiper cette critique vous permet de consolider votre position ou de découvrir à temps qu’elle ne tient pas.

6 min de lectureMis à jour le

Dans cet article
  1. Pourquoi chercher les objections avant tout le monde ?
  2. Comment utiliser La Pierre de touche en 5 étapes
  3. Exemple : une décision pédagogique mise à l’épreuve
  4. Conseils pour en tirer parti

En 30 secondes

  • 01Les objections les plus sérieuses contre un argument apparaissent souvent quand il est trop tard pour y répondre.
  • 02La Pierre de touche les construit à l’avance, classées de la plus forte à la plus faible.
  • 03Chaque objection est accompagnée de ce qu’il vous faudrait pour y répondre : à vous de décider quoi ajuster.

01Pourquoi chercher les objections avant tout le monde ?

Nous avons tendance à chercher les raisons qui confirment ce que nous pensons déjà. C’est pourquoi les objections les plus sérieuses apparaissent souvent trop tard : lors de la soutenance, en réunion d’équipe ou pendant l’oral.

Mettre l’argument à l’épreuve à l’avance présente trois avantages :

  • Vous consolidez votre position, car vous arrivez avec des réponses prêtes aux critiques prévisibles.
  • Vous ajustez ce que vous affirmez, en limitant la thèse à ce que vous pouvez réellement démontrer.
  • Vous gagnez en crédibilité, car reconnaître une objection et y répondre convainc davantage que l’ignorer.
  1. Choisissez le mode
  2. Écrivez ce que vous soutenez et pourquoi
  3. Mettez-le à l’épreuve
  4. Lisez chaque objection et sa réponse
  5. Examinez les présupposés et les questions gênantes
L’ensemble de la démarche, d’un coup d’œil.

02Comment utiliser La Pierre de touche en 5 étapes

  1. Choisissez le mode

    Choisissez Argument pour examiner une thèse ou une position, ou Décision s’il s’agit d’un projet que vous envisagez, comme changer la façon d’évaluer un cours.

  2. Écrivez ce que vous soutenez et pourquoi

    Collez votre thèse ou décrivez votre décision avec les raisons qui la justifient. L’outil fonctionne aussi bien avec un paragraphe qu’avec un chapitre.

  3. Mettez-le à l’épreuve

    Cliquez sur Mettre à l’épreuve. L’outil construit les objections les plus fortes contre ce que vous avancez, classées de la plus forte à la plus faible.

  4. Lisez chaque objection et sa réponse

    Pour chaque objection, vous verrez d’où elle viendrait, ce qu’il vous faudrait pour y répondre et une réplique possible. Lorsqu’aucune bonne réplique n’est disponible, c’est le point à travailler.

  5. Examinez les présupposés et les questions gênantes

    Les sections Présupposés fragiles, Les questions gênantes et Ce qui vous ferait changer d’avis complètent l’examen. En mode Décision, vous verrez aussi comment votre projet pourrait échouer et quel signal l’annoncerait à temps.

Une position incapable de dire ce qui la réfuterait n’est pas un argument, c’est une croyance.

03Exemple : une décision pédagogique mise à l’épreuve

Une enseignante souhaite remplacer l’examen final de son cours par un projet. Voici comment elle pourrait transformer le résultat en un plan plus solide :

Ce qui apparaîtExempleComment répondre
L’objection la plus forteDans un projet de groupe, il est difficile de savoir ce que chaque élève a appris.Ajouter une partie individuelle et une évaluation par les pairs.
Un présupposé fragileQue tous les élèves disposent de temps hors de la classe pour le projet.Réserver des heures de cours pour y travailler.
Une question gênanteComment ces notes se comparent-elles à celles des classes qui passent l’examen ?Évaluer avec une grille aux critères équivalents.
Un signal d’alerte précoceÀ mi-parcours, plusieurs groupes n’ont toujours pas de première ébauche.Fixer des remises intermédiaires datées.
Comment répondre à ce que l’outil met en évidence.

04Conseils pour en tirer parti

  • Formulez votre position honnêtement. Si vous l’écrivez déjà nuancée pour qu’elle résiste, l’épreuve perd son sens.
  • Commencez par la première objection. Elles sont classées par force : la première est celle à laquelle il importe le plus de répondre.
  • Toutes les objections n’obligent pas à changer. Certaines se règlent avec une donnée ; d’autres vous demandent de restreindre la thèse. C’est à vous de choisir lesquelles accepter.
  • Utilisez-la avec vos élèves. Avant un débat ou une dissertation, demandez-leur de mettre leur position à l’épreuve et de répondre par écrit à l’objection la plus forte.

Questions fréquentes

Les questions que les enseignants posent le plus.

Fonctionne-t-elle pour tout type d’argument ?

Elle convient aux thèses universitaires, aux positions dans un débat, aux propositions de travail et aux décisions personnelles ou professionnelles. Elle fonctionne mieux lorsque vous expliquez non seulement ce que vous soutenez, mais aussi pourquoi.

Quelle différence entre le mode Argument et le mode Décision ?

Le mode Argument examine une thèse ou une position. Le mode Décision examine un projet : en plus des objections, il montre comment il pourrait échouer et quel signal l’annoncerait à temps.

Me dit-elle si mon argument est juste ?

Elle ne rend pas de verdict. Elle vous montre les critiques les plus fortes et ce qu’il vous faudrait pour y répondre, afin que vous décidiez si votre position tient ou s’il faut l’ajuster.

Puis-je l’utiliser pour préparer une soutenance ?

Oui, c’est l’un de ses meilleurs usages. Les questions gênantes qu’elle soulève ressemblent beaucoup à celles que pose habituellement un jury.

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